Le Poil.
FICHE 088 / 355 Groupe 2 · Chiens de type Pinscher et Schnauzer, Molossoïdes, Chiens de montagne et de bouvier suisses
Shar peï fauve debout de trois quarts sur fond ivoire
Une langue bleu-noir au standard
Le standard demande une langue, un palais, des gencives et des babines de préférence d'un noir bleuâtre. Le shar peï partage cette pigmentation avec le chow-chow, une particularité que l'on ne retrouve dans presque aucune autre race.
Sauvé à quelques dizaines d'exemplaires
La race a frôlé la disparition au XXe siècle avant qu'un éleveur de Hong Kong ne lance un appel aux amateurs occidentaux. Le shar peï actuel descend de cette poignée de survivants, ce qui explique la concentration de ses prédispositions héréditaires.
L'attache haute, caractéristique essentielle
Le standard décrit une queue épaisse et ronde à sa racine, s'amenuisant en pointe fine, et insiste : elle est attachée très haut. Cette attache découvre l'anus, un point d'anatomie que le standard tient pour un caractère essentiel de la race.
Robes
Chine · Groupe 2 · Molossoïdes, type dogue · Standard FCI n°309

Shar peï

Impassible, souverainement distant, plissé comme un costume rangé trop vite : il vous aime, il ne voit simplement pas l'intérêt de le crier.

Taille
44 à 51 cm
Poids
18 à 27 kg
Espérance de vie
9 à 11 ans
Exercice
1 h / jour
Affection
3/5
Enfants et animaux
2/5
Énergie
2/5
Facilité d'éducation
2/5
Toilettage
3/5
Tolérance à la solitude
3/5
Histoire

D'où il vient

Chien de village du sud de la Chine, gardien de ferme et chien polyvalent, dont le type se retrouve dans les statuettes funéraires de la dynastie Han. Son nom signifie peau de sable, en référence à la texture rêche de son poil. Réduit à une poignée de sujets au XXe siècle, il est sauvé par l'appel lancé aux amateurs occidentaux par un éleveur de Hong Kong, Matgo Law, dans les années 1970. L'engouement qui a suivi a produit deux types : le meat-mouth très plissé, devenu la référence des standards occidentaux, et le bone-mouth traditionnel, resté marginal.

Santé

Ce qu'un éleveur sérieux vous montre sans qu'on le demande

Le shar peï fait partie des races les plus lourdement chargées en prédispositions héréditaires, et il faut le savoir avant d'en acquérir un. Sa peau, ses plis, ses oreilles et son système inflammatoire découlent directement de la sélection qui a produit son type actuel, à partir d'un effectif fondateur très réduit. Prévoyez un budget vétérinaire supérieur à la moyenne, une assurance, et exigez d'un éleveur qu'il documente ce qu'il a dépisté, y compris les chirurgies oculaires pratiquées sur les ascendants.

Maladie auto-inflammatoire du shar peï (SPAID) et fièvre familiale

Affection héréditaire majeure de la race, associant des épisodes récurrents de fièvre, un gonflement douloureux des jarrets, de l'arthrite, des otites et une hyaluronose vésiculeuse. Sa complication la plus grave est l'amyloïdose : le dépôt de protéines amyloïdes dans les reins et le foie peut mener à l'insuffisance rénale.

DépistageUn test ADN SPAID existe, portant sur un variant lié à la surexpression du gène HAS2. Il donne un niveau de risque, non une certitude : un chien porteur d'une copie a un risque accru, deux copies un risque nettement plus élevé. À réclamer sur les deux parents, en complément d'un suivi vétérinaire des épisodes fébriles et de contrôles réguliers de la fonction rénale.

Entropion et affections oculaires

Enroulement des paupières vers l'intérieur, les cils frottant en permanence la cornée : douleur, ulcères, risque de perte de vision. L'entropion est fréquent et souvent précoce dans la race, parfois dès les premières semaines. Le glaucome est également surreprésenté.

DépistageExamen ophtalmologique du chiot et des reproducteurs par un vétérinaire spécialisé. La correction chirurgicale est parfois nécessaire ; l'affection étant héréditaire, un éleveur doit déclarer les entropions opérés dans ses lignées.

Otites chroniques et sténose du conduit auditif

Les oreilles sont très petites et les conduits auditifs anatomiquement étroits, ce qui entrave le drainage et favorise des otites récidivantes, parfois jusqu'à la sténose complète du conduit.

DépistageExamen otoscopique régulier chez le vétérinaire, nettoyage adapté sur prescription, consultation dès les premiers signes de gêne ou d'odeur.

Dermatoses et mucinose cutanée

La race cumule dermatite atopique, démodécie juvénile et pyodermites des plis. La mucinose cutanée, accumulation excessive d'acide hyaluronique dans le derme, est propre au shar peï et peut former des vésicules qui se rompent et s'infectent.

DépistageAucun test ADN spécifique de la mucinose. Examen dermatologique, hygiène rigoureuse et séchage des plis, prise en charge vétérinaire des poussées.

Dysplasie du coude et de la hanche

Les dysplasies articulaires sont surreprésentées dans la race par rapport à la population canine générale, celle du coude en particulier, avec évolution arthrosique.

DépistageRadiographies officielles des hanches et des coudes des deux reproducteurs, lues par un lecteur agréé.

Hypothyroïdie et malabsorption de la cobalamine

L'hypothyroïdie est décrite dans la race. Un déficit héréditaire d'absorption intestinale de la cobalamine (vitamine B12) y est également documenté et provoque anémie, retard de croissance et abattement chez le jeune chien.

DépistagePas de dépistage systématique. Dosages sanguins prescrits par le vétérinaire (T4 et TSH pour la thyroïde, cobalamine sérique) devant des signes évocateurs.
Questions fréquentes

On vous répond sans détour

Le shar peï est-il un chien à problèmes de santé ?
Oui, et c'est la première chose à savoir. La race cumule la maladie auto-inflammatoire SPAID avec risque d'amyloïdose rénale, l'entropion, les otites liées à des conduits auditifs très étroits et plusieurs dermatoses. Un test ADN SPAID existe et l'examen oculaire est indispensable : n'achetez pas un chiot sans ces éléments.
Le shar peï peut-il vivre en appartement ?
Oui. C'est un chien calme, peu demandeur en exercice, qui se satisfait d'une heure de sorties quotidiennes. Il supporte mal la chaleur et son entretien de peau et d'oreilles est quotidien, ce qui compte davantage que la surface du logement.
Quelles sont les couleurs du shar peï ?
Le standard FCI accepte toutes les couleurs unies sauf le blanc. Les plus répandues sont le fauve, le crème, le noir et le chocolat. Une nuance plus claire sur la queue et l'arrière des cuisses, ainsi qu'un ombrage plus foncé le long du dos, sont tolérés.
Le shar peï est-il un bon premier chien ?
Rarement. Indépendant, peu démonstratif et réservé envers les inconnus, il demande une socialisation précoce et une éducation cohérente, sans rapport de force. Ajoutez-y un suivi vétérinaire soutenu : ce n'est pas une race sur laquelle apprendre.

Sources : standard FCI n°309 · Statistiques LOF 2025, Centrale Canine